Prendre conscience de ses forces et ses faiblesses

L’une des principales difficultés lorsqu’on est atteint de schizophrénie consiste à prévenir ou à réparer les conséquences de la maladie sur sa vie sociale. Dans les épisodes actifs de la maladie, être convaincu de choses que les autres ne partagent pas, se sentir persécuté, entendre des voix sont des symptômes qui font peur, isolent et marginalisent.

Une fois ces symptômes traités, la personne retrouve son fonctionnement habituel. Toutefois, plus les symptômes ont duré, plus les dégâts risquent d’être importants sur la vie sociale. Des amis perdent espoir et s’éloignent. La formation s’interrompt. L’emploi, le logement risquent d’être perdus.

La personne devra prendre conscience du lien de causalité entre les troubles psychiques et leurs conséquences, et faire le bilan de ses forces et de ses faiblesses. Si les troubles ont duré longtemps, pour se reconstruire une identité sociale, la personne malade devra réapprendre ce que vivre en société signifie: réaliser les tâches de la vie quotidienne, entretenir des relations sociales, s’intégrer au sein d’un réseau, etc.

Vais-je oser reprendre contact avec mes amis?
Mes proches vont-ils comprendre ce qui m’est arrivé?
Est-ce que je saurai encore rire avec les autres?

Cette phase est celle qui exige le plus d’investissement de la part de la personne malade. En effet, elle lui demande à la fois de faire le deuil de capacités perdues et la force d’en découvrir de nouvelles dans des domaines dont la personne n’a souvent pas initialement conscience. Pour y parvenir au mieux, la personne malade doit être capable, dans un premier temps, de faire le bilan de ses ressources et de ses difficultés (forces et faiblesses).

L’équipe thérapeutique revêt dès lors le rôle de coach. Sa mission consiste à encourager les patients à formuler leurs propres décisions et à prendre des risques calculés avec le soutien nécessaire et adéquat. L’objectif est d’aider la personne malade à établir de nouveaux contacts et à reprendre le contrôle sur sa propre vie (élaboration de projets professionnels, programme de réinsertion, reconstruction d’un réseau social, etc.).

Puis vient l’étape de l’action proprement dite. De patient, l’individu devient acteur de sa vie. Il met à contribution ses compétences personnelles et s’engage dans un projet.

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