Un premier épisode de troubles psychiques bouleverse la personne qui le vit de manière profonde. Durant cette période, elle se sent souvent anéantie, bloquée dans son parcours de vie, en colère, et refuse fréquemment l’idée d’être malade. Les clichés associés à la maladie doivent être surmontés pour retrouver l’espoir. Pour les personnes malades, comme pour leur entourage, retrouver l’envie de s’engager dans l’existence, c’est le premier pas vers le rétablissement.

Peu connue du grand public, la schizophrénie fait peur, notamment en raison des fausses idées effrayantes qui y sont associées, telles que le dédoublement de la personnalité, la violence ou encore le risque d’enfermement en hôpital psychiatrique.

Pourtant, les témoignages directs de personnes qui ont réussi à se rétablir sont de plus en plus nombreux. Les possibilités de suivi ambulatoire sans nécessité d’hospitalisation se sont largement développées. Les médicaments sont aussi mieux maîtrisés, avec des dosages plus légers et des mécanismes d’actions plus précis sur certains neurotransmetteurs spécifiques, ce qui évite les effets secondaires.

Les multiples symptômes de la maladie, le déni, la colère, le désespoir ou la perte d’identité plongent l’individu dans un terrible tourment. Si le refus de la maladie se révèle être une réaction évidente, celle-ci peut être un frein au processus de rétablissement si elle empêche la personne de s’engager dans des soins.

Moi, mais je ne suis pas malade!  Les médecins se trompent.
Pourquoi moi?  Qu’ai-je fait pour mériter ça?
C’est tellement injuste,  je ne m’en sortirais jamais.
C’est comme si je n’étais plus rien d’autre qu’une personne malade.

L’entourage et les soignants doivent comprendre qu’à cette étape, quand la personne refuse des soins, c’est qu’elle refuse d’abord d’être malade. L’essentiel à ce stade consiste à l’aider à reprendre espoir, à diminuer la détresse, à résoudre les problèmes concrets liés à l’apparition des troubles et à l’encourager à s’engager avec confiance dans un traitement. Les équipes mobiles et d’intervention précoce jouent un rôle important au cours de cette période, en allant à la rencontre des personnes et de leur famille dans leur environnement.

Comme la maladie déforme la perception du monde et induit de fausses perceptions, le traitement médicamenteux fait le plus souvent partie de l’aide qui doit être apportée à la personne après qu’une relation de confiance est établie et qu’un soulagement de l’angoisse et de la détresse a pu être obtenu. C’est pourquoi la première phase du rétablissement consiste, pour le patient, à reprendre espoir et à s’engager avec l’aide de professionnels dans des soins aussi précoces que possibles.

>> étape suivante