Littérature

La biographie et la bibliographie d’un auteur ne révèlent pas forcément que ce dernier est schizophrène. La plupart du temps, les indices se trouvent dans les textes ou se lisent entre les lignes. On trouve des écrivains identifiés comme souffrant de psychose. Cela signifie-t-il alors que ce terme cache une schizophrénie? Pas sûr. Mais cela se peut…

Certains auteurs sont cependant  déclarés atteints de schizophrénie, le diagnostic étant tombé à leur époque. C’est le cas d’Antonin Artaud, de Robert Walzer, de Zelda Sayre et de Vaslov Nijinsky qui a écrit son autobiographie, «The Diary of Vaslov Nijinsky», dans laquelle il parle de sa maladie. On sait aussi que Gérard de Nerval (1808-1855) a souffert de troubles psychiques, fait plusieurs séjours à l’hôpital psychiatrique, et il est souvent considéré comme schizophrène. Mais voilà… le terme n’existait pas, puisque c’est le psychiatre zurichois Eugen Bleuler qui, en 1908, a donné ce nom à la maladie.

Détroublez-vous! – 20 romans pour lire la folie autrement

En 2013, Payot Librairie s’associe avec les Journées des la Schizophrénie pour proposer une autre lecture de la folie. Une série de 20 romans sera présentée dans toutes les librairies Payot de Suisse romande.

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Témoignages, biographies

  • Rien ne s’oppose à la nuit
    Delphine de Vigan : biographie romancée sur la mère de l’auteur, atteinte de schizophrénie.
  • Un cerveau d’exception: de la schizophrénie au prix Nobel, la vie singulière de John Forbes Nash
    Sylvie Nasar : biographie de John Nash, brillant mathématicien atteint de schizophrénie.
  • Le coupe-ongle
    Stéphane Alexandre : récit d’un père sur son fils atteint de schizophrénie.
  • Journal d’une schizophrène
    M.-A. Sechehaye : le témoignage d’une psychanalyste dans son accompagnement d’une patiente schizophrène.
  • Dieu gît dans les détails
    Marie Depussé : chronique de jours ordinaires passés à la clinique psychiatrique de La Borde.
  • Doués de folie. Récits à bascule
    Collectif, sous la direction de Nathalie Narbel et Samia Richle : témoignages de personnes en proie à des troubles récurrents du discernement.
  • L’enfant du silence – Histoire d’une schizophrénie
    Françoise Salomon : témoignage d’une mère d’un enfant schizophréne.
  • Moi, Martin Bélanger, 34 ans, schizophrène
    Martin Bélanger: témoignage direct d’un jeune homme atteint de schizophrénie.
  • Un Héros
    Félicité Herzog: témoignage sur la déchirure de toute une famille et particulièrement sur le destin de Laurent, le cadet atteint de schizophrénie.
  • Alabama Song
    Gilles Leroy : biographie romancée de Zelda Sayre Fitzgerald, atteinte de schizophrénie.
  • Accordez-moi cette valse
    Zelda Sayre Fitzgerald:semi-autobiographie
  • Zelda
    Jacques Tournier: biographie construite autour d’extrait de lettres échangées entre Zelda et Francis Scott Fitzgerald
  • Les dernières portes de la connaissance
    Karim Mokad: premier roman autobiographique d’un journaliste suisse
  • L’enfant du silence – Histoire d’une schizophrénie
    Françoise Salomon

Romans

  • Le traité du zen et des motocyclettes
    Robert M. Pirsig : voyage à moto d’un homme qui sort d’un épisode psychotique et son fils
  • Tendre est la nuit
    Francis Scott Fitzgerald: roman basé sur des éléments autobiographiques, en particulier la schizophrénie de sa femme Zelda.
  • Insupportable
    Giacomo Sartori : un homme entend des voix qui le persuadent qu’il est l’auteur des meurtres commis dans son village.
  • Les Anges de l’univers
    Einar Màr Gudmundsson : récit poétique sur la maladie mentale. Grand prix de la littérature nordique.
  • L’Enfant bleu
    Henry Bauchau : une psychothérapeute essaie d’entrer dans l’imaginaire d’un jeune garçon psychotique.
  • Le Journal d’un fou
    Irokawa Takehiro : journal d’un homme atteint d’hallucinations, qui va sortir de l’hôpital où il est interné grâce à sa rencontre avec une autre patiente. Primé deux fois au Japon.
  • En route vers le clochard
    Riwoal : entre témoignage et roman, le récit d’un homme interné en hôpital psychiatrique pour guérir sa schizophrénie.
  • Ciel vert, ciel d’eau
    Mavis Gallant : vie d’une femme dont on découvre peu à peu la schizophrénie.
  • Le Horla
    Guy de Maupassant : nouvelle fantastique sous la forme du journal d’un homme victime d’hallucinations ; possiblement en partie auto-biographique, Maupassant ayant fini sa vie dans la folie.
  • L’arbre de mai
    Anne Campiche-Panchaud : récit (entre témoignage et roman) d’une mère dont la fille est atteinte de schizophrènie, récit de filiation.
  • Le jardin schizologique
    Collectif : recueil de nouvelles délirantes.
  • Woyzeck
    Georg Büchner s’inspire d’un fait divers pour comprendre le crime dont est accusé un homme atteint dans sa santé mentale

Expliquer la schizophrénie…

  • Espoir de schizo
    Alexys Guillon : explique la schizophrénie, comment vivre avec et les traitements possible
  • A quelle heure passe le train
    Jean Oury et Marie Depussé : dialogue entre un psychiatre et une écrivaine sur la folie, accessible mais néanmoins en profondeur

…aux enfants

  • Petite-Oursonne et son papa
    Claire Frossard : destiné aux très jeunes enfants
  • La petite casserole d’Anatole
    Isabelle Carrier
  • Le prince Hip de Réalité
    Rachel Corenblit : pièce théâtre, dès 10 ans
  • Un torrent de larmes
    Rob Baetens : dès 14 ans

Encore plus de lectures en lien avec la schizophrénie: Téléchargez notre liste détaillée!

Antonin Artaud

Antonin Artaud, écrivain, acteur et scénariste, était tourmenté, persécuté. Il le disait avec force aussi bien dans ses dessins que dans ses textes. Il était obsédé par «sa machine» qui revêtait de nombreuses formes, dont celle de «cette sempiternelle anonyme machine appelée société». Dans son esprit, les rouages de cette dernière brisaient impitoyablement tous ceux qui tentent de lui échapper. Il se battait contre elle à la manière de tous les «suicidés de la société», tels Lautréamont, Van Gogh, Baudelaire, Poe et Nerval. Pour beaucoup, il fut celui qui «a permis à la folie de s’écrire au grand jour».

Robert Walzer

Robert Walzer, écrivain et poète suisse de langue allemande, apprécié de Kafka, a commencé à écrire des poèmes quand il eut 20 ans (1898). Tout au début du XXe siècle, il partit vivre chez son frère à Berlin. Une douzaine d’année plus tard, il revint dans son pays, à Bienne, pour des raisons mystérieuses, qui semblent pourtant être une période de dépression. Promeneur infatigable, il aimait beaucoup se ressourcer dans la nature. Il écrivit énormément jusqu’à son entrée à l’hôpital psychiatrique en 1929, puis plus rien. Il laissa, notamment, les «Microgrammes», poèmes couchés sur le papier en une écriture minuscule totalement illisible et déchiffrée depuis peu.

Zelda Sayre

Zelda Sayre, surnommée la «première garçonne américaine», est issue d’une famille aisée du Sud des Etats-Unis et mène la vie d’une jeune fille au comportement audacieux pour l’époque. Elle épouse en 1920 Francis Scott Fitzgerald, l’écrivain. Ils formèrent une couple connu, incarnant, selon la presse des Etats-Unis, les années folles et l’âge du jazz. Leur mariage était tumultueux, empreint de jalousie, de rancœur et de hargne. Elle souffrit de l’alcoolisme de son mari et de l’instabilité de leur vie. Recherchant sa propre identité, elle se mit à écrire des nouvelles et des articles pour des magazines, puis devint obsédée par l’idée d’être ballerine. Elle s’entraîna jusqu’à en être épuisée. Elle fut alors admise dans une clinique du Maryland, où les médecins diagnostiquèrent une schizophrénie. Durant son séjour hospitalier, elle écrivit un roman semi-autobiographique «Accordez-moi cette valse», publié en 1932.
De son côté, Francis Scott écrivait aussi. Il lui arrivait de spolier Zelda de ses idées, car il s’inspirait des lignes du journal intime de celle-ci, pour nourrir ses héroïnes à lui. A la sortie du livre de sa femme, il fut en proie à une très vive colère, car il n’admettait pas de voir leur vie étalée au grand jour. Cela ne l’empêcha pas de faire de même en 1934, en publiant «Tendre est la nuit», ouvrage dans lequel le personnage de Nicole Diver est la transposition exacte de Zelda.
Cette auteure, qui a lutté corps et âme pour exister et qui passe pour avoir été la victime de son mari autoritaire et alcoolique, est considérée par certains comme une des icônes du féminisme.
A 47 ans, après avoir tenté des années durant de terminer un second roman et après avoir peint avec frénésie, elle mourut dramatiquement dans l’incendie de l’hôpital psychiatrique Highland d’Asheville en Caroline du Nord.
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