Fausses croyances

La schizophrénie n’est pas un dédoublement de la personnalité
Le terme schizophrénie, introduit par Bleuler en 1908, signifie littéralement: «esprit fendu». Associée à la fréquente représentation au cinéma de personnages manifestant des personnalités multiples, cette étymologie favorise une confusion assez répandue dans le grand public entre schizophrénie et trouble dissociatif avec personnalités multiples.

Sous d’autres latitudes, cette confusion n’existe pas
Les comparaisons internationales réservent parfois des surprises! Une enquête allemande a montré qu’en Russie, quel que soit leur profil socioculturel, seulement 2% des habitantes et habitants interrogés associent la schizophrénie à un trouble de personnalités multiples, alors qu’en Allemagne plus d’un tiers des répondantes et répondants font la confusion! (G. Schomerus et al., Université de Leipzig, 2007)

Les personnes atteintes de schizophrénie ne sont pas plus violentes que la moyenne
Les médias, eux, ont tendance à détourner le sens premier du mot schizophrénie, lié à la maladie. Ce terme est utilisé alors pour désigner une personne victime d’égarement, manifestant de l’agressivité, semant la peur ou étant dangereuse. En réalité, bien qu’il arrive effectivement que des personnes souffrant de schizophrénie aient des conduites à risque, cela reste relativement rare. Le taux d’actes de violence n’est pas plus élevé au sein de la population schizophrène que parmi les personnes vivant dans un environnement semblable.

Les malades souffrent plus qu’ils ne font souffrir!
Cette affection est un facteur de vulnérabilité en soi. Les personnes malades peuvent avoir des comportements bizarres ou inquiétants. Dès lors, la maladie expose donc les personnes schizophrènes à être victimes de la violence sociale: les statistiques montrent du reste qu’elles ont une espérance de vie moins élevée que la population générale.

Quand on est schizophrène, on se fait enfermer
Il est loin le temps de «Vol au-dessus d’un nid de coucou» ! Ce n’est pas par l’enfermement ou les électrochocs qu’on soigne aujourd’hui les troubles psychotiques, mais par des médicaments aux effets secondaires minimes. Dès que l’épisode aigu est sous contrôle, les soins se poursuivent par un traitement ambulatoire (consultation en ville).

Les patientes et les patients sont actrices et acteurs de leur guérison
Aujourd’hui, patientes et patients sont associés au traitement. En effet, les chances de rétablissement augmentent quand la personne malade et son équipe thérapeutique parviennent à développer une relation de coopération.

On n’attrape pas la schizophrénie
La paresse, la mauvaise volonté, les « mauvaises fréquentations » ou encore le mode éducatif ne sont en rien responsables de l’apparition de la maladie. La schizophrénie a des soubassement biologiques cérébraux. Cela dit, chez une personne vulnérable, la consommation de drogue peut provoquer un premier épisode aigu (ou de rechutes) de la maladie.

Les personnes schizophrènes ne sont pas paresseuses
L’émergence d’un trouble psychotique peut générer beaucoup de souffrance et de confusion. Le comportement de la personne pourra en être changé, son énergie et sa motivation diminuées. Il importe que l’entourage comprenne le rôle de la maladie dans cette transformation, afin de garder le lien avec la personne.